Démarche « exploration curieuse »

Une démarche-promenade dans le village, pour préparer une activité d’écriture (Enseignement primaire, secondaire, adultes)

1. Choisir un point de vue :
– professionnel
• par exemple une profession qu’on admire, ou qu’on aurait aimé exercer, où qu’on aimerait voir choisie par un de ses enfants…)
• ou typée : facteur, menuisier, jardinier, éboueur, écologiste, urbaniste, électricien, marchand de ferraille, médecin, histographe, géographe…
– personnage culturel :
• moine tibétain du Kamtchatka, indien des Andes, Navajo, Hopi ou Inuit, bushman, aborigène…
– personnage non humain :
• hobbit, elfe, martien, ange…
• animal : chat, merle, souris, escargot, papillon…

2. Avec ce point de vue, se promener 15 minutes dans le village. Noter des questions « curieuses » (dans les deux sens du terme !).

(Si je suis un facteur, je vais surtout regarder et m’interroger à propos des boites aux lettres, si je suis menuisier, je vais être curieux des portes et des fenêtres des maisons… et si je suis un chat, quel sera mon regard et mes questions de chat…)

3. De retour, par groupe de trois, « étonnez-vous en partageant vos questions ».
Noter et classer. En choisir une pour soi et quelques autres à poser aux autres.

4. Par deux, en changeant éventuellement une ou deux fois de partenaire, partager les questions. A une question reçue, apporter une réponse « énigmatique » : en jouant sur les mots, donner sa réponse sous forme d’énigme (au second degré ou étonnante, pas d’emblée lisible.
On peut par exemple, envelopper sa réponse sous la forme de conte initiatique (conte de Grimm…)
Donner des exemples d’énigme, par exemple, celles du Golum et de Bilboo dans le Seigneur des anneaux.
Ceci peut se faire par écrit : on envoie sa question à quelqu’un, qui répond par écrit son « énigme ». (Ca pourrait d’ailleurs faire l’objet d’une correspondance scolaire, épistolaire ou par internet).

5. Texte sur l’étonnement (Luc de Brabandère) comme relance éventuelle. (1)

6. Afficher ou déposer sur une table de lecture.

7. Travailler des fragments, si on a le temps : choisir des fragments et les « tisser ».

Théorisation : la notion d’étonnement comme ouverture aux autres. (Voir la Note 1 :  Poser des questions « curieuses » de Gene Early.


Note 1 : LE PROCESSUS DE CURIOSITÉ (Gene Early)

Il y a un lien entre curiosité et blocage.
Adopter une attitude de curiosité bienveillante : voir l’aimable et poser des questions du coeur.
Quand on se sent coincé avec une personne, se rendre curieux d’elle et se poser à son propos des questions « curieuses » (aux deux sens du terme).
Si c’est possible, les lui poser réellement.

Toutes ces questions ou choses idiotes qui nous passent par la tête à propos de cette personne sont peut-être des messages de l’inconscient et donc il est utile d’en tenir compte.

Ne plus chercher les problèmes, mais les ressources.

Demander à notre esprit curieux de nous donner une image, un mot, un sentiment, une sensation, un son, une couleur… que notre esprit conscient ne va pas contrôler.

Le processus de curiosité n’est pas une question de contenu : si on se sent bloqué, et qu’on se rend curieux, on se donne la possibilité de découvrir ce qui manque dans le fait d’être bloqué. Le fait d’être bloqué devient une chose curieuse….
Donc, quand on est bloqué, c’est une occasion : celle d’un déclic, d’une surprise.
Quand on est curieux à propos de ce qui manque, et qu’on le découvre, on a accès à des ressources. Combinées à l’esprit conscient, elles préparent à l’action, avec motivation et excitation.

C’est une structure intellectuelle qu’on va pouvoir traduire en structure corporelle, par exemple un « chaining » sur les doigts qui formera une séquence de curiosité.


Note 2 : Luc de Brabandère
« Dans une société de la connaissance, dans un monde globalisé, les nouvelles idées font de plus en plus la différence. Elles sont à la source des innovations qui créent progrès et valeur ajoutée.
Si nous voulons permettre aux jeunes d’être créatifs dans le monde de demain et de résoudre des problèmes « nouveaux », il ne faut pas les enfermer dans un savoir qui ne sera plus jamais exhaustif et qui risque de les engloutir : l’ignorance, tout autant que la connaissance, peut être une voie d’accès à la pensée créative. Il faut développer chez les étudiants la pensée transversale, celle qui jette des passerelles entre les matières et les spécialités, établit des liens entre les notions, les concepts, les cultures.  Il faut entretenir le feu de leur curiosité en les invitant sans cesse à l’étonnement, au questionnement. « Je n’ai pas de don particulier. Je suis simplement passionnément curieux » disait Einstein. Il faut les rendre capables de changer leur perception des choses, de varier les regards, les points de vue.
Comment ?  C’est une question d’état d’esprit et de climat mais c’est aussi une question d’apprentissage et d’entrainement. L’imagination a son histoire, ses concepts, ses règles, ses méthodes. Elle est une « discipline » à part entière ».

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